Voici une chronologie des principales séries photographiques produites au cours des quarante dernières années. Toutes ces séries sont la manifestation de mon amour pour la photographie. Bien entendu, il s’agit toujours de tirages argentiques et plus récemment de tirages au platine et au palladium.
2025 Tout n’est qu’une question de temps (en cours)

La nouvelle série sur laquelle je travaille actuellement est une suite logique à mes séries portant sur la nature. Alors que j’évitais généralement toutes empreintes humaines dans mes photographies, j’aborde maintenant la nature sous un angle différent. C’est-à-dire que je photographie maintenant la place qu’occupe celle-ci dans les villes ou autres lieux habités. Et toujours et encore, la notion de temps y tient une place particulière.
2024 À la vitesse que poussent les arbres (Tirages au platine et au palladium)

Depuis longtemps, les humains ont aveuglément cherché à dominer et soumettre la nature. Maintenant que nous sommes à l’aube d’une catastrophe planétaire due aux changements climatiques, il est crucial pour l’humanité de repenser sa relation avec cette nature si bienveillante. Nous sommes devenus étrangers sur notre propre planète. Cette série fait l’apologie de la nature restée presque intacte jusqu’à ce jour.
2019 À la vitesse que poussent les arbres (Panoramique)

Première itération sur la thématique des arbres. Cette série traduit mon émerveillement pour la nature. C’est dans la nature que je reprends vie. L’utilisation d’un appareil panoramique à objectif rotatif est à la fois un réel défi et une libération par la contrainte imposée par ce type d’appareil.
2017 Rébellion

Cette série invite à être à contre-courant de la surabondance d’images diffusées dans les médias, elle propose un regard sur la grande nature, celle qui est là, autour de nous, et que nous oublions de regarder. Cette série de paysages monochromes classiques, où la présence humaine est inexistante, a été réalisée avec une seule caméra (Voigtländer Bessa III) sur trépied et équipée d’un seul objectif normal fixe avec, à l’occasion, un filtre neutre ou de couleur.
2017 Vestiges

Vestiges pose un regard sur des monuments qui rendent compte d’un passé qui est encore possible de toucher aujourd’hui. Témoins tangibles du passage de milliers d’humains, ces grands symboles ont été façonnés par notre humanité. J’ai choisi, pour cette série, le tirage au platine et au palladium : un procédé photographique très stable tout comme les anciens monuments. La longévité de ces photographies devrait dépasser le millénaire si elles sont conservées dans de bonnes conditions.
2017 La Familia

À l’instar de mes deux séries précédentes (un trentième de seconde et ton visage me dit quelque chose), cette série de portraits présente des travailleurs de rue et des jeunes de la rue. Pour mon exposition au Centre culturel Yvonne L. Bombardier, on m’avait demandé de présenter mes deux séries précédentes. Comme je ne voulais présenter que des œuvres récentes, j’ai décidé d’en produire une nouvelle version sur ce sujet qui m’est très cher. Cette série semblable dans sa forme à la précédente met encore plus l’accent sur des expressions authentiques et spontanées des sujets. Le titre fait référence à l’esprit de communauté qui règne dans ce milieu.
2016 Japon

Dans le cadre de l’exposition collective SPACE 8 au Musée des Beaux-arts de Sherbrooke. J’ai présenté une série de tirages au platine et au palladium d’images réalisées au Japon en 2015. Dans ces tirages uniques, j’ai apposé des feuilles d’or à certains endroits en m’inspirant de la philosophie et de l’esthétique « Kintsugi ».
2016 Atikamekw (Les voyageurs)

En 2016, le sculpteur Roger Gaudreau entreprenait une résidence de création à la galerie R3 dans le cadre de la Biennale nationale de sculpture de Trois-Rivières. Celui-ci m’invita et me donna carte blanche pour lui fournir une série de portraits pour l’exposition « Vaisseau et passagers ». Par un concours de circonstances inusité, le choix des passagers s’est porté sur la communauté Atikamekw de la région de Trois-Rivières. Cette série fut un véritable plaisir à réaliser et je suis extrêmement reconnaissant à Roger et à tous ceux qui ont participé à cette aventure. Cette série montre un peuple qui renaît, qui continue d’avancer parfois dans les eaux troubles. Un peuple qui célèbre la vie et qui a des capteurs de rêves dans les yeux. Cette série unique de 26 images fait maintenant partie de la collection permanente du Musée McCord Stewart à Montréal.
2015 Défense de passer

Cette série de triptyques panoramique couvrant 360° était une réponse à ma frustration de ne pas avoir accès à la nature en Estrie. De plus en plus de propriétaires de terrains privés interdisent l’accès même pour une simple photographie. L’appropriation du territoire par les mieux nantis est une nouvelle réalité qu’il sera difficile de renverser.
2015 2e collaboration avec Marc Séguin

En 2015 un organisme d’action communautaire autonome qui offre du soutien à des jeunes en situation ou à risque d’itinérance de Sherbrooke était en difficulté financière critique. Il fallait trouver un moyen d’amasser rapidement des fonds pour sauver l’organisme. J’ai alors recontacté Marc Séguin pour qu’il collabore à mon initiative. Nous avons ainsi produit une série d’une même image limitée à 25 tirages argentiques virés au sélénium avec des interventions uniques qui furent mises en vente afin de soutenir l’organisme : 100 % de l’argent recueilli lui fut versé. Je remercie Marc Séguin pour sa grande générosité.
2013 4 secondes : Collaboration avec Marc Séguin

À la fin de mon DPAA, j’ai réalisé la série 4 secondes qui se voulait au début, une exploration du portrait avec une vitesse d’obturation identique de 4 secondes pour chacun des portraits. N’étant pas satisfait du résultat initial, j’ai contacté l’artiste de renom international Marc Séguin pour « vandaliser » mes œuvres afin d’amasser de l’argent pour deux organismes venant en aide aux jeunes de Sherbrooke. Chacune de ces photos a ainsi subi une « intervention » de Marc Séguin. Tout l’argent recueilli par la vente de ces œuvres fut versé à ces organismes. Le grand succès de cette initiative n’aurait jamais été possible sans l’aide de Marc Séguin. Je l’en remercie très sincèrement.
2013 Hors du temps

Dans cette série de photographie panoramique, j’ai photographié des lieux où l’absence de signe de modernité les rend intemporels, le temps semble s’être arrêté. Dans un monde qui se transforme si rapidement, replonger dans le passé nous fait réfléchir sur le passage du temps et ce que l’avenir pourrait nous réserver.
2012 Om Mani Padme Hum

Après avoir visité le Tibet, un voyage au Ladakh s’imposait naturellement. Le Ladakh, souvent appelé « le petit Tibet » se situe au nord de l’Inde où se retrouve une importante communauté tibétaine. En fait, depuis l’occupation du Tibet par la Chine, le Ladakh me semble plus authentique. Cette série venait compléter ma série précédente sur le peuple tibétain.
2011 Ton visage me dit quelque chose

En 2010, je voulais reproduire l’expérience de 2004 (un trentième de seconde). J’ai donc recontacté la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue pour une nouvelle mouture, car l’équipe de travailleurs de rue s’était quelque peu modifiée. Lorsque cette nouvelle série fut terminée, j’ai réalisé que je me plagiais moi-même et que cette série n’apportait rien de nouveau. C’est pourquoi celle-ci n’a jamais été rendue publique. C’est donc en 2011 que j’ai décidé de travailler avec un éclairage de studio dans les locaux même de la coalition. Avec l’utilisation d’un flash, j’étais en mesure de me rapprocher et de capter des expressions authentiques. Pour cette série, je me suis inspiré du travail du photographe américain, de réputation internationale, Irving Penn (1917-2009). Penn a photographié les grands de notre monde tandis que moi, j’ai photographié ceux qui trop souvent, on ne veut pas connaitre.
2011 Expérience tibétaine

J’ai toujours été fasciné par le Tibet. Lorsque les frontières furent rouvertes en 2009, je n’ai pas raté l’occasion pour aller visiter ce pays mythique. Malgré une occupation brutale, ce pays a quand même su conserver ses traditions ancestrales. Malgré les apparences, on sentait bien la répression que les Tibétains devaient endurer chaque jour. En présentant ces images, je désirais mettre en lumière ce peuple courageux afin qu’il ne tombe pas dans l’oubli.
2008-2013 Visage sherbrookois des gens d’ici et d’ailleurs

Dans cette collaboration avec des organismes communautaires du quartier d’Ascot, je présentais une exposition de 18 photographies géantes à ciel ouvert dans un circuit à travers le quartier multiethnique d’Ascot. Cette exposition qui ne devait durer que 2 ans a perduré 6 ans au grand bonheur des habitants du quartier.
2008 Vietnam, journal de voyage

Quand j’étais jeune, jamais je n’aurais osé espérer visiter le Vietnam. Sac à dos et caméra en main, je suis parti à la découverte de ce merveilleux pays et de ces habitants accueillants. Les sorties à moto m’ont permis d’explorer la campagne et de rencontrer des gens peu habitués aux touristes. La rencontre de ses habitants m’a beaucoup touché.
2006 Shanghai, la vieille ville

Ayant accompagné mon fils en voyage à Shanghai, j’ai décidé d’errer dans la vieille ville. Le contraste entre la modernité de la ville et l’aspect presque médiéval de la vieille ville était surréel. C’était comme un voyage dans le temps. Jusqu’à quand ce mode de vie allait-il subsister face à la pression des développeurs immobiliers ? Ces déambulations dans les ruelles sans but précis ont occasionné de belles rencontres et plusieurs anecdotes.
2004 un trentième de seconde

Ayant enseigné bénévolement la photographie à des jeunes de la rue, je me suis attaché à eux et intéressé à leur réalité. Dans cette série, pour chaque jeune de la rue photographié, je photographiais un travailleur de rue de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue. Dans l’exposition, ils n’étaient identifiés que par leur prénom sans aucune indication s’il s’agissait d’un jeune de la rue ou bien d’un intervenant. Cette approche visait à faire tomber les préjugés et faire fi des stéréotypes. La toile de fond les isolait de leur milieu et mettait en valeur leur personnalité. Le titre de cette série provient de la vitesse d’obturation que j’ai utilisée pour ces photographies en lumière naturelle à l’extérieur.
2001 Portraits d’ados

Pendant une bonne quinzaine d’années, j’ai donné de façon bénévole des ateliers de photographie à des adolescents en collaboration avec divers organismes incluant les maisons des jeunes et la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue. Ces ateliers incluaient entre autres le portrait photographique. C’est ainsi que j’ai décidé de photographier certains de ces jeunes afin de leur montrer ma façon de travailler et leur permettre d’expérimenter les deux côtés de l’appareil photo.
1997 Flora Photographica

Ayant été sollicité pour exposer mes photographies de nature, j’ai décidé de photographier des fleurs en gros plan au lieu de présenter mes paysages habituels. Pour cette série, j’ai utilisé le virage à l’or pour donner un effet sépia à mes tirages les rendant ainsi intemporels.
1996 Portraits d’artistes

Avec mon implication dans le milieu des arts, j’ai eu la chance de côtoyer plusieurs artistes de grand talent. C’est lors de nos rencontres que je leur ai proposé de faire leur portrait. Ces portraits environnementaux se voulaient moins formels que ceux effectués en studio. Peintres, photographes, musiciens, écrivains et acteurs se sont gentiment prêtés à mon jeu avec un plaisir mutuel.
1994 Tempus Fugit

C’est à cette époque que j’ai réalisé que j’avais statistiquement vécu près de la moitié de ma vie. Il n’y avait plus de temps à perdre. Je me suis tourné vers un des sujets qui me passionnent le plus, c’est-à-dire la nature. Pour cette série, j’ai sillonné plusieurs chemins de campagne de l’Estrie, découvrant avec plaisir ma nouvelle région d’adoption.
1992 Quand j’étais plus nouveau

En photographie si le photographe n’est pas passionné par son sujet, il y a peu de chance que l’observateur le soit. À cette époque, mes jeunes enfants occupaient beaucoup de place dans ma vie. Le titre provient d’une phrase que mon fils lança en faisant allusion au temps où il était plus jeune. J’aimais bien le double sens de cette phrase.
1989 Japon, journal de voyage

Lors de mon voyage au Japon pour une compétition de Karaté j’en ai profité pour photographier ce peuple qui alternait entre modernité et tradition. Ce voyage suivait immédiatement un long séjour dans l’arctique canadien, il va s’en dire que ce fut un véritable choc culturel.
1987 Transition

Série documentaire sur deux communautés Inuits (Tuktoyaktuk et Sanikiluaq). Ces communautés faisaient face à de grands défis où l’avenir paraissait incertain face à la modernisation. Comme la longueur du jour pouvait durer presque 24 heures, j’avais amplement de temps pour photographier.
1980 SOS

Première exposition dans le hall d’entrée du pavillon Pollack de l’Université Laval. Cette série présentait les séquelles environnementales d’une mine d’or abandonnée (Alder-Mackay). Les rejets miniers toxiques sont un véritable désastre écologique qui demandera des années à réparer. Avec les ressources très limitées d’un étudiant, toute cette série fut faite à partir d’une seule enveloppe de 25 feuilles de papier 8 x 10 pouces. Les photographies étaient collées sur des morceaux de carton-mousse récupérés.
